Mon parcours en génie logiciel – Conseils pour futur·es étudiant·es

écrit par Marie

Last updated on: septembre 13, 2020

Il y a quelques mois, j’ai reçu mon « jonc d’ingénieure » lors de la cérémonie de l’engagement de l’ingénieur. Au Canada, tous les étudiants ayant étudié dans un programme de génie reçoivent le « jonc de l’ingénieur », que l’on porte au petit doigt de la main qui travaille. Le jonc est un symbole de l’engagement de l’ingénieur envers sa profession, pour rappeler les responsabilités et l’éthique donc nous devons faire preuve.

Ça me parait irréel. Dans cet article, je vais vous partager mon expérience en tant qu’étudiante en génie logiciel à l’École de Technologie supérieure (ÉTS), de 2015 à 2019.

Cela m’a pris 3 ans avant de croire en moi, croire que oui, j’allais graduer en génie logiciel

Je me souviens, en 2015, j’avais si peur d’aller à l’université. Je pensais que je ne graduerais jamais. Jusqu’à ma troisième année d’études, j’avais des bonnes notes, tout allait bien, mais encore là, je n’étais pas convaincue de mes capacités à terminer mon diplôme. Je doutais encore de pouvoir graduer. Je ne réalisais pas que ça allait vraiment se passer un jour. J’allais réussir.

Je me souviens, dans le bureau de mon professeur qui est maintenant mon directeur de maîtrise, j’avais dit « Si je gradue de mon baccalauréat, je ne sais pas ce que je veux faire après »…

Et c’est là qu’il m’a corrigée, il a dit « Non, pas SI tu gradues, QUAND tu vas graduer. »

Il avait raison, j’ai maintenant gradué mon baccalauréat en génie logiciel!

Je n’aurais jamais pensé à quel point l’université m’aurait fait grandir et évoluer. Peut-être que c’est juste vieillir qui a eu cet effet sur moi. Mais je me suis toujours sentie bien à l’ÉTS. Je me suis sentie soutenue, que ce soit par les professeurs ou par les employés de soutien.

L’ÉTS m’a fait grandir

En entrant à l’ÉTS, j’étais timide et j’avais peur des maths. Je disais à tous mes amis que j’allais essayer d’aller en génie logiciel même s’il y avait plein de maths. Si ça marchait pas, au moins je pourrais me dire que j’ai essayé. Je me gardais une porte de sortie ouverte, pour pouvoir lâcher l’école si jamais je constatais que c’était trop difficile pour moi. Je voulais le dire d’avance pour éviter de m’humilier…

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Finalement, je les ai réussis, ces cours de maths. J’ai commencé en septembre 2015 avec le cours de MAT145. J’ai trouvé que ce cours était trop difficile, moi qui sortait d’une techniques en informatique et qui n’avait jamais vu d’intégrales de ma vie. J’ai choisi de changer de cours et de plutôt faire MAT144, le cours de mise à niveau, en espérant que cela m’aide. Je ne l’ai pas vu comme un échec, je l’ai vu comme un investissement de temps & argent pour que ce soit plus facile pour moi par la suite.

À chaque semaine, j’ai fait mes exercices de maths suggérés par les professeurs. J’ai posé des questions. J’ai pleuré. J’ai continué de travailler jusqu’à tard le soir. Je n’ai pas fait de nuit blanches, mais je dois dire que j’ai eu souvent peu de vie sociale durant ces périodes intenses. J’ai donné tout ce que je pouvais, toute l’énergie que j’avais pour pouvoir comprendre la matière. Pour passer à travers.

Marie-Philippe qui travaille à son bureau et complète ses devoirs de génie logiciel

Aujourd’hui, presque 4 ans plus tard, je commence ma maîtrise en technologies de l’information, toujours à l’ÉTS, où je vais travailler en machine learning. C’est un domaine où les mathématiques sont tellement importantes. J’ai découvert que finalement j’adorais les maths. Je vous souhaite la même chose, que l’ÉTS (ou l’université) vous permette de développer votre talent et vos compétences au maximum.

Quand on commence le baccalauréat, ça fait tellement peur. Chaque début de session, chaque mi-session, chaque période d’examens finaux était un défi.

Mon implication dans le club Les Ingénieuses pour promouvoir les femmes en génie

Dès 2015, je me suis impliquée dans le club des Ingénieuses. Je ne sais pas pourquoi exactement, peut-être parce que j’avais eu quelques remarques désobligeantes au cégep en techniques de l’informatique, mais avant même d’entrer à l’ÉTS, j’avais décidé que je m’impliquerais dans le club. J’avais « aimé » leur page Facebook et je me tenais au courant de leurs activités.

Malheureusement, à mon arrivée, il manquait un peu de relève dans le groupe. Par contre, avec le retour de stage de Gabrielle Poirier, aujourd’hui diplômée en génie mécanique, le club a repris de la vigueur, pour grandir chaque année jusqu’à mon départ en tant que présidente en octobre 2018.

Devenir présidente du club

Au début, j’étais seulement membre, j’essayais d’aider ici et là. Puis, je suis devenue responsable des réseaux sociaux, vice-présidente pendant plus d’un an, puis… je suis devenue présidente.

Je me souviens, j’hésitais. Moi, présidente? Suis-je vraiment capable d’assurer cette fonction? Est-ce que je serai capable de bien soutenir et supporter le club?

J’ai finalement accepté. Pour repousser mes limites, juste pour le faire, pour apprendre. Je ne me suis pas trompée, j’ai beaucoup appris, tellement plus que je n’aurais jamais pu l’imaginer. En tout honnêteté, ces apprentissages vont me suivre toute ma vie sur le milieu du travail. Je vais écrire un article complet à ce sujet prochainement…

En 2018, lorsque j’ai commencé à travailler davantage sur ma maîtrise, j’ai cédé la position de présidente à Yasmine Bennhaila, qui a elle aussi fait évoluer le club si rapidement. C’est beau à voir!

Pendant mes années à participer au club, je me souviendrai du 5 à 7 de la rentrée organisé pour accueillir les nouvelles étudiantes en septembre, les conférences organisées avec Julie Payette (ancienne astronaute), Kathy Baig (Présidente de l’Ordre des Ingénieurs du Québec), du bénévolat dans divers activités pour initier les jeunes filles au monde du génie, comme « les filles et les sciences, un duo électrisant », des soupers de Noël entre membres…

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Mes conseils si vous débutez l’université en génie logiciel

N’ayez pas peur

Ne vous inquiétez pas si vous ne connaissez pas X ou Y langage informatique. Je suis d’avis que l’université est là pour vous enseigner alors, si vous ne maîtrisez pas un sujet quelconque, vous l’apprendrez lorsque ce sera le temps. Je vois beaucoup de futur·es étudiant·es qui ont très peur, car ils ne voient que leurs lacunes. Ça va bien aller, il faut juste y aller une session à la fois, une journée à la fois!

Impliquez-vous dans la vie étudiante le plus possible

Ça vaut tellement la peine!

Ça peut changer votre vie puisque ça peut faire développer à très grande vitesse vos compétences interpersonnelles (parler devant une foule, gérer une équipe, …) En plus, s’il s’agit d’un club scientifique, vous allez acquérir des compétences tellement importantes pour votre futur emploi.

Vous vous ferez des ami·es qui pourraient durer toute une vie. Votre vie universitaire sera remplie d’activités sociales. Vous n’aurez jamais le temps de vous ennuyer!

Prenez moins de cours si cela peut vous aider

Prenez des sessions à 3 cours (mais 12 crédits pour rester à temps plein) si cela peut vous alléger la charge mentale et permettre de prendre une petite pause pour respirer. Ça ne fera que faire durer le bonheur d’être au baccalauréat plus longtemps!

N’hésitez pas à prendre des cours de ratrappage

Je pense que ce conseil s’adresse sûrement davantage aux futurs étudiants de l’ÉTS, mais les nouveaux étudiants ont une plus longue période pour changer de cours.

Si vous faites le premier cours de mathématiques (MAT145), de physique (ING150), ou d’informatique (LOG100) et que vous trouvez un ou plusieurs de ceux-ci difficiles, il vous est possible de faire un cours de mise à niveau (respectivement MAT144, PHY144 ou INF111). Ne voyez pas ce changement comme un échec, mais plutôt comme de l’aide que vous vous offrez pour que les futurs cours de ces matières se déroulent mieux.

Il est TOUJOURS bon de solidifier ses bases avec les cours de mise à niveau et ensuite de poursuivre aux cours suivants! J’ai décidé de faire PHY144 et MAT144, et mon parcours à l’ÉTS n’a pas vraiment été plus long!

Posez des questions à vos professeurs

Beaucoup d’étudiant·es pensent à tort que poser des questions c’est mal vu, que l’on dérange le-la professeur·e, etc. Mais c’est complètement faux! J’ai été à la plupart des « heures de bureaux » de mes professeurs et ça aide énormément. Aussi, cela vous permet de mieux connaître votre professeur et vice-versa, votre professeur apprendra à mieux vous connaître! Si vous avez besoin d’une lettre de recommendation pour une bourse pendant votre parcours universitaire, cela est très utile!

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Former des équipes gagnantes

Lorsque vous devrez former des équipes pour un travail (ce qui est pratiquement requis dans tous les cours!), essayez de vous mettre en équipe avec des gens qui visent la même note que vous au cours. Quelqu’un qui veut un B ne mettra pas autant d’effort que quelqu’un qui souhaite obtenir A+. C’est normal, mais le travail se déroulera mieux si tout le monde a les mêmes attentes…

Aussi, quand je formais mes équipes, je demande parfois aux autres s’ils préfèrent faire les devoirs à la dernière minute ou bien s’ils font le devoir en avance. Tout se passera mieux également si la méthode de travail des membres de l’équipe est la même. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de faire les choses, il faut juste que ce soit compatible.

Conclusion

J’espère que cet article vous aura été utile si vous êtes un ou une future étudiante en génie logiciel, génie informatique ou en sciences informatiques! Si vous êtes un étudiant gradué, auriez-vous d’autres conseils à offrir à de nouveaux étudiants?

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