Faut-il être bon en mathématiques pour aller en ingénierie?

écrit par Marie 9 mars 2019

Being scared of maths in engineering - Marie studying and holding a pencil

J’ai eu l’inspiration pour écrire cet article lorsqu’une femme m’a demandé sur Instagram si j’étais bonne en mathématiques avant. Ensuite, elle a enchaîné pour me dire qu’elle avait peur des mathématiques en ingénierie. Alors que je lisais son message, je me suis reconnue en elle. Je me suis vue, il y a quelques années, quand je choisissais de continuer mon éducation et d’aller en génie logiciel à l’ÉTS.

J’étais complètement terrifiée des cours de mathématiques et de physiques. J’ai regardé le curriculum du programme. Il y en avait tellement! J’ai honnêtement cru que je n’y arriverais jamais. Mais j’ai réussi! Et devine quoi? J’ai aussi réussi à avoir de très bonnes notes!

Ces cours de maths et de physiques sont l’une des plus grandes craintes des futur.e.s étudiant.e.s en ingénierie, je l’ai constaté quand j’ai commencé mes recherches pour écrire cet article. Vous seriez surpris du nombre de personnes qui en ont peur, et il faut se rappeler que nous ne sommes pas les seuls! Si d’autres sont capables de réussir ces cours avec succès, vous aussi.

Je vais vous expliquer un peu mon parcours pour que vous puissiez mieux comprendre un peu mieux mon histoire… et vous donner un peu d’espoir, je l’espère, si vous en avez besoin!

Mon parcours à l’école primaire…

Je n’en ai pas encore parlé ouvertement sur mon blogue, mais mon parcours à l’école primaire a été assez difficile. Je vais peut-être écrire un article entier sur mon parcours scolaire un jour, mais disons que très tôt, on a demandé à mes parents à ce que je sois médicamentée pour mon trouble du déficit de l’attention.

Mes souvenirs les plus vifs de cette époque : ma mère et moi qui essayons de faire mes devoirs. Nous pleurons toutes les deux. De mon côté, je suis découragée de ne pas être capable de faire mes travaux. D’une part, parce que je ne comprenais pas, n’ayant pas du tout écouté en classe lorsque la matière a été enseignée. Mais aussi parce que je n’étais pas capable de me concentrer assez longtemps pour compléter les devoirs.

De la première année à la sixième année, au primaire, ça a été difficile. Une bataille constante, entre mon cerveau et moi.

Je vous évoque cette partie de ma vie puisque je veux vous montrer que peu importe comment c’est difficile à l’école, il y a toujours de l’espoir au bout du tunnel pour que l’on puisse accomplir ses rêves.

 

Moi et les mathématiques… au secondaire

C’était assez catastrophique! En une phrase, disons que mes parents n’étaient pas sûrs que je terminerais mon secondaire, au début.

Je me souviendrai toujours du jour où j’ai eu la belle note de « E » dans mon examen de mathématiques au secondaire. Pour que je m’en rappelle encore aujourd’hui, il fallait que ce soit un évènement assez marquant pour moi, du haut de mes 12 ans! Je ne sais pas ce qui s’est passé ce jour-là, mais j’ai décidé que je voulais plus. Je voulais réussir. Pas nécessairement exceller, mais disons que E, c’est proche de l’échec… !

Dès lors, j’ai commencé à poser plus de questions en classe. Je m’en souviens encore. Je ne sais pas comment les professeurs ont pu être aussi patients avec moi. J’ai été à toutes les heures de récupération midi en mathématiques, où un.e professeur.e était disponible pour répondre à nos questions. J’ai aussi assisté à l’aide aux devoirs le mardi et le jeudi. Ma mère faisait 1 heure de route uniquement pour me permettre d’y assister pendant une courte heure !!!

De secondaire 1 à secondaire 5, j’ai donc travaillé très fort. Au début, je n’ai pas vu trop de résultats dans mes notes scolaires, mais tranquillement, en 3 et 4e secondaire, les efforts ont commencé à payer. Je me souviens d’ailleurs que ce sont exactement ces mots qu’on a utilisés pour me décrire lors du gala reconnaissance de 5e secondaire, où j’ai reçu le prix « mérite scolaire », au lieu de celui « détermination » que reçoivent les élèves qui mettent beaucoup d’efforts, mais ne voient pas le résultat de leurs efforts !

Les mathématiques restaient quand même ma bête noire

Quand j’ai appliqué pour aller en génie logiciel à l’École de Technologie supérieure (ÉTS), savez-vous ce que je disais à chaque personne qui me parlait de l’université, pour me garder une porte de sortie ?

« Oui, je vais à l’ÉTS en septembre. Mais je n’aime pas les mathématiques. Il y a plein de cours de math, physique, chimie… donc ça se peut que je ne reste pas. Je n’aime vraiment pas ça, mais au moins je pourrai dire que j’aurai essayé d’aller à l’université… »

Je voulais me protéger. C’était juste mes peurs qui parlaient… Je ne pensais pas être capable de passer à travers tous ces cours difficiles pour moi.

Je suis passée à travers.

Marie studying at her desk at home with a poster in front of her that says "I can and I will get a good grade in machine learning and linear algebra"

Comment j’ai fait pour améliorer mes résultats?

Il n’y a pas de recette magique, juste beaucoup d’efforts constants et soutenus. Je n’ai jamais abandonné. On me demande parfois où j’ai pris cette persévérance… C’est difficile à cerner, je dirais que c’est vraiment venu d’une motivation intrinsèque, le désir d’enfin réussir et l’espoir qu’un jour, j’arrêterais de bûcher autant.

J’ai aussi eu la chance d’avoir de l’aide aux devoirs après l’école pendant 2 ans, ce qui m’a beaucoup aidée. J’ai eu de bons professeur.es au secondaire et plusieurs périodes d’aide auxquelles j’ai assisté.

Je vais écrire prochainement un article listant mes conseils pour s’améliorer en mathématiques, mais je dirais mes conseils sont de :

  • Bien s’organiser
  • Ne pas attendre à la dernière minute, faire ses exercices avant l’examen pour avoir le temps de poser des questions
  • Faire le plus possible d’exercices suggérés en classe la semaine qu’ils sont donnés!
  • Poser des questions (ne pas hésiter à demander de l’aide à nos professeur.es!)
  • Écrire des résumés de la matière après chaque cours, etc.

Cela me prend entre 6 à 8 heures pour faire 1 seule feuille de notes pour me préparer à mes examens, alors, il faut investir le temps que cela nous prend!

Marie qui étudie à une table avec des affiches en arrière-plan

Moi et les mathématiques… à l’université

À l’université, j’ai fait le choix de prendre les deux cours de mise à niveau en mathématiques et en physiques même si je n’étais pas obligée de les faire. Ce fut une magnifique décision pour moi qui m’a beaucoup aidée. J’ai pu solidifier mes bases dans ces matières et par la suite, comprendre beaucoup plus rapidement et facilement les concepts plus difficiles des cours suivants.

Beaucoup d’étudiant.e.s que je rencontre sont gêné.e.s et n’osent pas prendre les cours de mises à niveau et voient cela comme un échec. Ce n’est pas mon cas, je le vois comme un petit coup de pouce. Un cours qui va me permettre que tous les autres par la suite soient plus faciles à comprendre, à réussir. Je le vois aussi comme un investissement de temps puisque je considère que les travaux seront plus rapides à réaliser pour les prochains cours de maths, ayant une base plus fraîche à la mémoire.

En toute honnêteté, je me suis découvert une petite (ou grande) passion pour les mathématiques à l’université. Je n’aurais jamais cru dire ça dans ma vie, mais c’est le cas! On peut toujours changer, même de certaines façons qu’on n’aurait jamais pu imaginer.

Peu importe à quel point ça a pu être difficile pour nous de réussir certains cours de mathématiques, ce n’est pas la prévision de ce qui arrivera dans le futur.

Il y a quelques mois, j’étais dans le bureau de mon professeur de maîtrise. C’était au tout début du processus, avant que je ne commence officiellement ma maîtrise. Je lui parlais de mes projets d’avenir inexistants après ma graduation de mon baccalauréat.

« […] Si je gradue, je ne sais pas ce que je ferais comme emploi sur le marché du travail »

C’est là qu’il m’a arrêtée. Ce n’est pas SI je gradue, mais plutôt QUAND je vais graduer.

Il faut apprendre à se faire confiance et se dire qu’on PEUT réussir. Même si c’est difficile, même si on n’aime pas les mathématiques. Il y a toujours de l’espoir et il faut penser de façon positive. Quand on veut, on peut!

 

Ce que vous devez retenir de cet article

Ce n’est pas un prérequis d’avoir des compétences hors du commun en mathématiques pour réussir en ingénierie.

Nous ne sommes pas obligé-es non plus d’être des génies à l’école. Tout ce que ça prend, c’est beaucoup d’effort et demander de l’aide autour de soi.

Si c’est votre rêve et votre désir d’être ingénieur.e, alors vous pouvez le devenir. Peut-être que vous allez devoir mettre un peu plus d’efforts que d’autres dans vos cours, mais qu’est-ce que ça change, au final? Que ce soit en 4 ou en 6 ans, vous pourrez devenir ingénieur-e.

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